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Introduction

          Le théâtre apparaît en Grèce, au Vème siècle avant J.C.. Il est lié au sacré, et, a pour but de célébrer le culte de Dionysos. Trois acteurs incarnent tous les rôles et le chœur, en dansant, chantant, commente l’action qui se déroule sur la scène. Entre l’Antiquité et le Moyen Age, le théâtre garde la même fonction, il transmet des épisodes religieux et, l’aspect d’une leçon commune à tous reste présent. Il met en scène des épisodes bibliques entrecoupés de farces, et est joué sur la place du village. Quant au théâtre comique improvisé, il naît au XVIème siècle en Italie avec la Commedia Dell'arte. On joue à partir d’un canevas et des improvisations, car à l’aide de nombreux masques et costumes sont représentés des personnages très typés. La Commedia dell’arte et ses spectacles burlesques, inspire par la suite des grands dramaturges comme Molière et Marivaux, auteurs majeurs du théâtre français des XVIIème et XVIIIème siècles. En 1630, le théâtre est reconnu comme un art officiel par Richelieu, ecclésiastique et homme d'État. À cette époque, en France, les représentations se déroulent au sein de la Cour du roi Louis XIV, les confréries religieuses surveillent de près les pièces, car l’Eglise veille à ce que l’on n’offense, ni Dieu, ni ses membres. Elles doivent répondre aux règles des trois unités et aux principes de bienséance et de vraisemblance. Le langage du théâtre classique est très recherché, et poétique, cependant, sur scène, est négligé le langage corporel. Les acteurs récitent, déclament leur texte avec précaution, mais restent quasiment immobiles sur la scène tragique, et produisent des mouvements réduits au strict nécessaire. Ils travaillent leur gestuelle et leur déclamation, apportent leurs costumes, apprennent leur technique à leurs successeurs. Par la suite, les règles classiques, cette “cage”, comme disait Victor Hugo, explose avec les dramaturges romantiques. Ces derniers renoncent à plusieurs règles qui leur paraissent inutilement contraignantes, absurdes et démodées. Les représentations ont donné lieu à des confrontations entre les « modernes » et les « classiques ». Le théâtre de boulevard, qui naît à Paris, dans le courant du XIXème siècle est un théâtre qui fait appel à la comédie corporelle. La mise en scène est plus rythmée, le jeu est plus expressif, et ce genre marque la fin du XIXème siècle, et se déploie dans le début du XXème. Au même moment, on trouve des pièces inclassables à l’époque, comme l’ Ubu roi d’Alfred Jarry, créée par Lugné-Poe, en 1896, au Théâtre de l’Œuvre. Cette proposition insolite « révolutionne » le théâtre par sa parodie burlesque qui s’apparente à une dictature et par l’absurdité de ce grossier personnage. Elle arrive à casser les codes de la bienséance, de la vraisemblance en abordant les rivages du grotesque et du surréalisme. Jarry ouvre la voie à la modernité, désacralisant le texte, le personnage, et en faisant avancer la mise en scène :il renonce à « l’illustration » (un acteur pour jouer une scène de foule), les décors figuratifs sont remplacés par des peintures synthétiques ou par le passage de pancartes indiquant le lieu de l’action, il utilise des accessoires fantaisistes, des masques, des dictions ou timbres de voix particuliers. Le jeu théâtral s’émancipe avec les premiers metteurs en scène comme Constantin Stanislavski, metteur en scène russe, contemporain de Tchekhov, dont il monte les pièces au Théâtre d’Art à Moscou. Il met en place une vraie réflexion sur le jeu d’acteur exigeant de lui une entière sincérité tout comme un réalisme dans le décor. Il influencera grand nombre de metteurs en scène et d’acteurs, et inspirera les méthodes de jeux de l’Actor studio de New York dans les années 30. En France, ce n’est qu’André Antoine qui commence à faire évoluer la mise en scène, en la travaillant aussi dans le sens du naturalisme. Certains décorateurs, metteurs en scène, dramaturges, comme Adolphe Appia, Bertolt Brecht, Erwin Piscator apportent des nouvelles idées sur la mise en scène, la scénographie et sur le jeu de l’acteur. Au lendemain des deux guerres mondiales, le théâtre continue son émancipation avec l’ère de l’Absurde, dans les années 1950, cette nouvelle forme traite de l’absurdité de notre condition humaine et de la vie en général. Samuel Beckett, un des dramaturges absurdes les plus influents, va de plus en plus vers le silence, le dépouillement et la brièveté des propos, des mouvements des corps. Ces éléments sont aujourd’hui les piliers du théâtre contemporain. Ce dernier évolue sans cesse, car désormais, il recourt aux nouvelles technologies, il intègre de nouvelles idées, et se renouvelle, ce qui contribue à repousser les frontières les plus conventionnelles. Au XXIème siècle, émergent des d’artistes qui n’ont pas reçu l’enseignement des anciens, et qui se lancent dans le théâtre avec des idées nouvelles, loin des règles contraignantes, à la recherche d’une nouvelle façon de concevoir cet art vivant. Il est donc légitime de se demander de quelle manière le théâtre contemporain a renouvelé la scène théâtrale traditionnelle.

         Nous mettrons en évidence, dans un premier temps, les tendances majeures de la scène contemporaine. Puis nous étudierons les nouvelles scénographies et dispositifs scéniques, ainsi que l’importance du comédien et ses nouvelles perspectives de jeu, et enfin nous interrogerons les enjeux de ce théâtre contemporain.

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